Quand les coccinelles étaient noires…

Un beau jour de printemps, sous une pimprenelle,
Naquit discrètement un bébé-coccinelle,
Joli grain de charbon, petit éclat de jais :
Comme ses compagnons, la créature était

Noire comme la nuit (C’était ainsi, alors !
Personne à cette époque n’y trouvait à redire)
Et lustrée tant et plus, comme si de la cire
Avait été versée sur tout son petit corps.

Non loin de là vivait la famille Catala.
Une famille cinglée, qui s’insultait sans cesse.
Horions et quolibets, coups de pieds dans les fesses :
C’était leur quotidien, et ils aimaient cela.

Le bébé-coccinelle en était horrifié,
Jusqu’au jour où soudain une vieille chaussure
Projetée au-dehors tomba sur la ramure
Où sommeillait l’insecte. Il en fut terrifié,

Tant qu’il devint tout rouge, rouge à perpétuité
Car la peur détraqua tout son métabolisme.
Le noir revint un peu ; et avec fatalisme,
On pensa dans le clan que toute sa beauté

N’avait pas disparu : un point par ci, par là,
Ce n’était pas si mal ! Et comme sa lignée
Se retrouva plus tard tout aussi pointillée,
Le pauvre accidenté docile l’accepta…

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A propos Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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