La vigie

Une ado désoeuvrée penchée à son balcon
Contemple à la jumell(e) les Pénitents des Mées
Pétrifiés au-dessus de la vaste vallée :
Moines de granit jaune qui semblent en faction.

Mais elle s’est figée car il lui semble voir
Sur la paroi à pic comme une silhouette :
Moucheron minuscule accroché à la tête
Du plus haut des Géants, et non loin du trou noir

De l’une des deux grottes. Il est près du sommet
Et grimpe lentement. Aude aiguise sa vue
Et règle sa lunette sur la tache menue
En forme d’araignée s’agrippant au rocher.

S’agit-il d’une femme ou d’un homme ? Obstinée,
Indiscrète et curieuse , sans craindre la camarde,
Elle se dresse alors debout sur la rambarde
Pour aller expulser le violeur des Mées.

Elle s’envole, flotte, et ses cheveux bouclés
Dansent tout autour d’elle en nappe palpitante.
L’air vif et suffocant la porte et, haletante,
Elle étend bien les mains pour se stabiliser.

Elle ne peut souffrir l’insupportable idée
Que quelqu’un puisse ainsi profaner sa montagne.
Elle est comme un oiseau survolant la campagne…
Ne vous inquiétez pas puisqu’Aude est une fée.

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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