Pluie

Un peintre un peu fantasque a peint sur les carreaux
Des raies tout de guingois et de longs traits en biais
Glissant silencieux, toujours recommencés,
Et où cloquent parfois des vésicules d’eau.

Nous sommes en octobre ; il pleut depuis fin août
Et le soleil s’éteint, de longues cataractes
Le noyant lentement ; c’est sans aucun entr’acte
Que la pluie strie le ciel, que son chant qui glougloute

Nous lasse les tympans tant il est continu.
On n’a pas l’habitude, on attend le mistral
Pour qu’il vienne chasser ces nuées en cavale
Venues d’on ne sait où. Il serait bienvenu

Même s’il est souvent voué aux gémonies !
Car il est de cristal et ses rafales bleues
Assainissent le temps : il laverait les cieux
De cette interminable et monotone pluie.

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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