Plaintes

 

Poème illustré par un tableau de :

Germaine Rees
www.germainerees.com

Le mistral affaibli par un temps bien trop doux
Secoue languissamment les branches du vieux pin.
L’automne vient de naître, et les arbres sont roux,
Qui ploient tout en douceur sous le ciel opalin.

Le vent geint doucement : il ne peut exprimer
La force qui le gonfle d’un torrent furieux.
Ses plaintes sont le chant encor bien timoré
De l’hiver à l’affût. Et là-haut, or et bleu,

Un nuage fait voile ainsi qu’un grand navire.
Le vent gémit et pleure, aussi mou que le temps,
Et ne peut plus hurler, ni crier, ni mugir,
Faible comme un colosse eunuque ou impuissant.

Il chouine dans les feuilles roussies par l’automne
Et court sur la garrigue ainsi qu’un feu-follet ;
Soulevant en soufflant une poussière jaune,
Le vent geignard pleurniche en frappant aux volets.

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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Une réponse à Plaintes

  1. Rees Germaine dit :

    merci pour le chemin d’automne si bien représenté par votre poème
    Germaine Rees

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