Petit jour

1-Maison

Il est encor très tôt. Les volets entr’ouverts
Filtrent le petit jour, et du vieux chêne vert
Sourd un chant mélodieux. Dénouement bienheureux
De la nuit enchantée d’un oiseau amoureux ?

Tout est calme alentour ; la maison dort encore
Car il n’est pas bien tard. Sur la vitre que dore
Un rayon de soleil, une mouche vrombit
A ailes que veux-tu : un premier petit bruit

Rappelant que la vie dans la maison s’éveille !
Le ciel semble très pur, et la brise balaye
De son souffle léger quelques nuages noirs…
Mais voici que brondit le moteur d’un rasoir :

Deuxième bruit vivant d’un jour qui recommence !
Un bruit de casserole… et puis c’est la romance,
Avec pas mal de couacs, du train-train familier :
Dégringolade, pas, craquements d’escalier,

Tintamarre joyeux, cris d’enfants et radio…
La maison réveillée retrouve son brio
Pour mener ce boucan qui la rend si vivante.
C’est ainsi chaque jour : chaque jour renaissante,

Elle semble vibrer dans la prime lumière.
La plaisante chienlit qui lui est familière
Ne la perturbe plus, telle de jour en jour.
Puisse-t-elle durer et perdurer toujours !

Puis tout le monde part, et le calme revient
Au creux de son giron. Seuls, le chat et le chien
Reprennent leur sommeil pour la journée entière,
Retrouvant avec joie leur torpeur coutumière…

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits « classiques », pratiquement tous voués à la Provence.

Ce contenu a été publié dans A la maison. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire