Pénélope

Cachée dans mon jardin tout au fond de son trou
Vit une horrible peste appelée Pénélope,
Qui se moque de moi et me saccage tout :
Un terrible sans-gêne, un fléau, une taupe !

Elle a creusé partout un réseau souterrain,
Un métro personnel conçu pour ses affaires.
Elle erre, elle vadrouille en fouaillant la terre,
Et puis creuse et s’en va, parsemant mon terrain

De vilains mamelons, de curieux monticules
Qui font de mon chez-moi le cahotant parcours
D’un golf bien ajusté à l’infime crapule…
Quelquefois, le matin, je vois mon chien qui court,

Trop pataud cependant pour choper la salope
Qui a juste pointé hors d’un trou son long nez !
Mais que vient-elle y voir, aveugle comme elle est ?
Elle est à vendre, au fait ! Achetez-moi ma taupe,

Singulier spécimen ! Vous en serez ravi
Si vous aimez râler à longueur de journée :
Contrariés, excédés, irrités à l’envi,
Avec des visions de taupe assassinée,

Vous ne songerez plus vraiment qu’à estourbir
L’animal devenu votre bouc émissaire !
Voulez-vous, mes amis, faire une bonne affaire ?
Je vous la donne, là : sans un sou à sortir…

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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Une réponse à Pénélope

  1. de Robin Wood ( sur Facebook )

    Un bien joli poème… plein de réalité… Peut-être vais-je adopter Pénélope ! Elle rejoindra sa « cousine » qui sévit dans mon jardin depuis presque 2 ans. Je l’ai baptisée Constance, et avec le temps nous cohabitons en parfaite harmonie… De moins en moins de monticules. Je pense qu’elle a terminé son travail de terrassier.

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