Panique

ecole-francaise-18e-siecle-2

Oh, mon Dieu, qu’ai-je donc ? Aujourd’hui, mon cerveau
Flotte dans le néant : plus de vers ni de rimes…
Aucune inspiration ! L’idée la plus sublime
Qu’on y voie surnager comme un lotus sur l’eau

Et la plus méditée ? Que manger à midi :
Du poisson, du poulet  ? Il faut faire la liste
Pour le Supermarché… Et trouver une piste
Pour le stage de Clem… Eh, oh, la Poésie,

Où donc es-tu passée ? Tu ne dois pas laisser
En plein milieu du gué ta féale servante !
Je suis, tu le sais bien, ton amie, ton amante
Et ton humble sujet. Et je vais paniquer

Si tu ne reviens point sur le champ chatouiller
Incontinent sous peu mes modestes neurônes…
Ou alors place en moi un sempiternel clone
Capable sans arrêt d’en tout temps poémer,

De rimer, césurer et alexandriner…
Eh, oh, la Poésie ! Je suis très solitaire
Et l’accepte fort bien car tu es sur ma Terre
Ma compagne chérie. Mais tu ne dois jamais

T’éloigner plus d’un jour de mon humble maison,
Car je m’accroche à toi comme à une bouée
M’aidant à ne pas être infiniment noyée ;
A ne point exister sans rime ni raison…

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
Ce contenu a été publié dans Questions ?. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

2 réponses à Panique

  1. Eric Bertrand dit :

    Moi, les autres artistes m’inspirent beaucoup, mais aussi les choses de mon quotidien. Ces temps-ci je fais des peintures abstraites. Je n’y connais rien là- dedans, mais ça me fait sortir des sentiers battus. j’ai déjà lu des poèmes où ça ne rimait presque pas, mais qui étaient d’une grande poésie. Une chose dont je me suis rendu compte aussi, c’est que mes toiles où j’avais mis beaucoup de travail mais qui étaient moins inspirées étaient plus populaires… Je ne dis pas qu’il n’y a pas d’exception, mais quand même. De toute manière, il faut toujours se ressourcer, rien n’est infini…

    Amicalement
    Eric

  2. Tout à fait d’accord, Eric ! Et pour ça, l’Art est infini…

Laisser un commentaire