Oui, c’en est bien fini…

Oui, c’en est bien fini : il est là, l’on grelotte,
Il nous a rattrapés, ce fichu mauvais temps,
Il nous va donc falloir attendre le printemps –
Un printemps prisonnier et qu’emberlificote

Les filins de l’hiver jusqu’à fin février !
Oh, revoir un soleil vigoureux et allègre !
Pour le moment, hélas ! sa lumière est bien maigre :
Quelques rayons chétifs sur des rameaux grillés

Par un premier grand froid dont le terrible souffle,
Anéantissant tout au cœur de mon jardin,
A massacré mes fleurs dont les vertugadins
Pendouillent défraîchis dans le vent qui s’essouffle.

Pétrifié lui aussi par cet horrible gel !
L’hiver s’est offusqué de notre indifférence ;
Il nous la fait payer, et avec tant d’outrance
Qu’on se croirait déjà aux entours de Noël.

Tout est luisant de givre ! A vous geler sur place…
Des stalactites blancs sont suspendus au toit
Tels de longs doigts osseux engourdis par le froid.
Où s’est enfui ce temps où nous sucions des glaces, 

Comment pouvions-nous donc nous délecter ainsi
De ce plaisir glacé et de ces friandises,
Sans doute détachées d’une froide banquise ?
Oui, l’hiver est bien là, et nous sommes transis…

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits « classiques », pratiquement tous voués à la Provence.

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