Orphée

Poème illustré par un tableau de

Jean Delville
(1867-1953)

Si tu dois t’en aller, là-bas, dans l’outre-monde ,
Je n’accepterai pas, je te protègerai ;
Et, même sans son luth, je serai ton Orphée,
M’en allant te chercher dans cet ailleurs immonde

Qui voudrait te broyer. Je saurai y entrer
Car l’amour est vraiment la seule arme possible
Qui puisse anéantir l’ennemi invisible,
L’impitoyable Mort qui veut nous séparer.

Ce cordon est si fort qui nous lie l’un à l’autre
Que je vais m’immiscer au royaume des ombres.
Cet horrible au-delà aux arcanes trop sombres,
Je m’y introduirai, et, tel un faux apôtre,

Tromperai ses gardiens. L’amour est invincible,
Plus fort que ton destin que je transformerai
Pour te garder ici… Mais tu pleures et je sais
Que tu ne me crois pas. Moi non plus ! C’est risible,

Cette folle chanson que j’invente pour nous.
Tu es tellement pâle et tes yeux sont si grands
Qu’il sont comme deux lacs… Le mal qui s’y répand
Va bientôt les fermer… Il est tout à fait fou

D’espérer plus encor. Je vais prendre ta main
Pour aller avec toi là où tu dois partir.
Allons, mon cher amour, essaie de me sourire !
Inutile, je crois, de songer à demain…

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits « classiques », pratiquement tous voués à la Provence.

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