On n’a plus de maison…

On n’a plus de maison, elle s’est écroulée !
Il y a fort longtemps qu’on avait prévenu
Les membres du Conseil ! Pas un n’a soutenu
Nos revendications. Tant d’années écoulées

Depuis qu’on rabâchait quelles étaient nos craintes !
L’escalier qui grinçait, les bruits, les craquements
Et le toit qui fuyait auraient dû forcément
Les préoccuper, tous ! Mais nos multiples plaintes

N’y ont rien fait du tout. Comment nous, pauvres diables,
Aurions-nous pu toucher une administration
Ne se souciant que peu de la désolation
De ce quartier pourri, miséreux et minable ?

On le leur avait dit ! Tels des châteaux de cartes,
Des maisons du quartier viennent de s’effondrer.
Et dans l’une, des gens ! Un malheur engendré
Par le désintérêt pour ces gueux qu’on écarte

Des arrondissements où ils n’ont pas leur place.
On est désorientés car on a tout perdu.
Déjà qu’on n’avait rien ! Et l’on erre éperdus
De minables hôtels en chambres dégueulasses

Où l’on a rassemblé notre horde obéissante.
C’est bien pire qu’avant car on n’est plus chez nous !
Peut-être faudra-t-il qu’on se traîne à genoux
Pour qu’on nous loge enfin de façon plus décente ?

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À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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