Ode à Marguerite

Marguerite aujourd’hui ne va pas bien du tout.
Cela ne se voit pas, mais elle est vraiment vieille,
Ce qui l’a fait trahir pas plus tard que la veille
Cette fidèle amie qu’elle emmenait partout

Et qui se fiait sans crainte à la sécurité
Attachée à son nom. La belle Marguerite
Méritait son renom ; elle allait être inscrite
Au Livre des Records pour sa bonne santé

Car malgré les années, jamais aucun ennui,
Jamais un seul pépin ! Toujours fidèle au poste,
Avec malgré les ans une sacrée riposte
A l’usure du temps. Jamais un seul souci !

Toujours fine et racée, elle avait un entrain
Que lui auraient envié pas mal d’autres championnes :
Le brio d’un bolide et l’ardeur d’une lionne
Que le temps voulait vaincre en s’acharnant. En vain…

Mais non loin de Marseille, elle a enfin cédé !
Un grand coup de chaleur l’a soudain envahie,
Et puis elle a fumé. La belle abasourdie
De se sentir si faible a bien dû concéder

Qu’elle avait fait son temps, puisqu’elle a  vingt-trois ans !
La reine des autos a dû rester sur place
A cause de la mort d’un vieux joint de culasse
Au cœur de son moteur sitôt agonisant.

Mais tu ne devrais point te faire du mouron :
L’on va te réparer, très chère Marguerite,
Même à grands coups d’euros, comme tu le mérites !
Et ton beau gros moteur va re-vrombir bien rond…

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À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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