Ne tirez pas sur l’artiste…

En des temps fort anciens, dans Le Muy assiégé
Par le grand Charles Quint, une poignée de braves
Ne pouvaient se résoudre à être enfin domptés!
Ils décidèrent donc, car l’heure était très grave,

De tirer sur le roi pour s’en débarrasser.
Retranchés dans leur tour, les hommes le visèrent,
Mais leur arquebusade étant plutôt ratée,
Ce fut de La Vega que les mutins tuèrent.

Un immense poète et un ami du roi !
Le grand Carcilaso ! Charles Quint ulcéré
Promit en hypocrite, y engageant sa foi,
De ne pas le venger si la tour se rendait ;

On tint bon deux longs jours, et puis l’on accepta :
On avait sa parole et l’on était confiant ;
Car comment ne pas croire au serment d’un grand roi…
Qui, à peine sortis, les pendit sur le champ ?

 

 

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits « classiques », pratiquement tous voués à la Provence.

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