Mutation

Poème illustré par une photo de :

Serge Pertuis

Il aime la Provence et n’en veut pas partir ;
Ferait n’importe quoi, aimerait mieux mourir
Plutôt que de laisser sa terre bien-aimée !
Ses racines sont là, et c’est là qu’il est né

Il y a vingt-cinq ans dans la grand’rue de Murs.
Ces nappes de soleil inondant les vieux murs
Et ces pavés luisant sous l’intense lumière
De l’été triomphant… Il ne peut pas se faire

A l’idée de quitter son si joli village
Et se sent tout gonflé d’impuissance et de rage…
Et comment pourrait-on faire entendre raison
A un vrai Provençal face à sa mutation ?

Sur la route de Sault, de chez lui, il peut voir
Au loin le Luberon, tout cuivré par le soir
Eteignant sa lumière en extrême douceur.
Oh ! Ces soleils couchants qui étreignent son coeur

A force de beauté ! La falaise de Lioux,
La combe vers Venasque et les grands rochers roux…
Ses longues promenades, le chant des cigales
Dans le concert strident de l’été provençal…

On dit que son ancêtre était le bon Crillon,
Un allié d’Henri IV et son gai compagnon.
Légende exagérée ? Il ne sait, mais il sent
Que c’est ici que bout et sa vie, et son sang…

Il sait que ce serait renier son enfance
Que d’ainsi déserter bien loin de sa Provence.
Il ne partira pas ! Et il s’en va opter
Pour ce que certains nomment la médiocrité…

 

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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