Mort d’une feuille morte

Sautillant sur les flots de l’eau qui tourbillonne,
Une feuille ocrée danse, et l’eau de la Bléone
La fait pirouetter au fil bleu du courant ;
Une feuille d’automne éclaboussée d’argent.

Le vent l’a arrachée violemment de sa branche,
Brutalement posée sur l’écume si blanche
De la rivière en crue qui roule en cahotant ;
Et la petite feuille accroît en résistant

Sa propre déchéance, car l’eau la déchiquette
En la faisant tourner follement sur la crête
Des vagues déchaînées… S’enfonçant sous les eaux,
La pauvrette en charpie y disparaît bientôt.

Elle est comme la vie, la vie qui nous chahute.
On voudrait résister : l’inexorable chute
Nous fait choir un beau jour malgré tous nos efforts,
Il n’est rien ici-bas qui échappe à la mort…

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A propos Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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