Mon arbre

Me lovant contre toi comme contre un amant,
Mon arbre immémorial dressé dans la garrigue,
Dont le tronc fascinant agit comme un aimant,
Je t’enlace à pleins bras. Et voici que m’irrigue

Le flux chaud de ta sève au travers de l’écorce.
Je sens vibrer ton coeur, bel arbre si vivant !
Planté dans le sol noir où tu puises ta force,
Tu es comme un ami, un frère survivant

Immense et immortel, érigé sur la lande
Tel un sempiternel gardien de l’infini.
Le gel, le grand soleil, l’énorme sarabande
Du mistral insensé t’ont même rajeuni.

Incroyablement haut, tu caresses les nues.
Ton coeur palpite et bat, et ta sève est le sang
Qui circule si dru sous ton écorce nue.
Tu n’es, ami géant,  qu’un bel adolescent

A peine couturé par tes deux cents ans d’âge,
Caressant de tes doigts l’infini du ciel bleu.
Je ne suis qu’un humain, ma vie n’est qu’un mirage :
Donne-moi ta vigueur. Presque rien. Rien qu’un peu…

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits « classiques », pratiquement tous voués à la Provence.

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Une réponse à Mon arbre

  1. J’aime ce poème. Profondément. Je ne sais pas pourquoi. Et il a jailli de moi instantanément.

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