Mirage

 

Entre deux rives érodées
Par la fange qui les encroûte
Glisse un fleuve gras maculé
Tout englué par le mazout.

Deux collines qui se font face
Surplombent l’eau épaisse et drue
Emportant sur sa carapace
Immondices et détritus.

Des maisons un peu de guingois
S’accrochent aux pentes noirâtres.
Le ciel est comme enduit de poix
Et renvoie un écho verdâtre.

Tout est triste et presqu’immobile
Et l’on attend l’on ne sait quoi
Qui s’en va fondre sur la ville.
On est las sans savoir pourquoi

Quand soudain  entre les deux berges
Explose une giclée de fleurs
Et un arc-en-ciel en émerge,
Irisé de ses six couleurs .

C’est un grand pont multicolore
Entre les deux sombres coteaux,
Mêlant ses tons diaprés à l’or
Qui ruisselle soudain à flots.

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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