Marseille est endormi

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Marseille est endormi sous la lune d’argent
Qui l’inonde en douceur de sa pâle lumière.
Certaines rues où luisent de gris lampadaires
Recèlent des coins noirs à l’air peu engageant,

Surtout dans les quartiers du centre de la ville ;
Mais l’on peut y bader comme partout ailleurs,
Nul besoin de gardien ni de quelque veilleur :
Marseille y dort en paix et tout y est tranquille.

L’Amie des Marseillais* déploie sur le ciel clair
Criblé de feux-follets sa haute silhouette ;
Et se détache aussi sur les nuées violettes
L’Enfant bien éveillé, tel un bébé de chair

Toujours aussi fringant dans les bras de sa mère
Malgré l’heure avancée… Il est plus de minuit,
Et l’ombre fait sortir les êtres de la nuit,
Spectres enténébrés, du fond de leur repaire.

La ville est immobile, on n’entend aucun bruit
Si ce n’est par moments des chats pelés qui feulent
Au fond d’un dépotoir, qui crient et qui s’engueulent
Pour défendre leur fief. La mer balance et bruit ;

Les rayons de la lune épandus sur la baie
Illuminent de feu les flots couleur d’étain
Oscillant lourdement comme un sombre satin ;
Leur lueur irradie la Méditerranée.

*Notre-Dame de la Garde

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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