Mamert, Pancrace et Servais

Aujourd’hui, tous les trois, nous sommes fous furieux :
Ecoutant la radio tout comme d’habitude
Nous avons entendu – et le coup était rude !
Que nous ne serions point ces trois Saints si odieux

Qu’ils grillent quelquefois les plantes toutes neuves
Par de grands coups de gel vraiment inattendus
Au retour du beau temps. L’on nous a confondus
Avec d’autres benêts ! « Il n’y a pas de preuves ! »

A dit le journaleux. Nous qui étions si fiers
De notre renommée – certes point honorable !
Nous avons décidé d’être bien moins affables,
Ne laissant après nous que souvenirs amers

Lors de chaque printemps ! Le onze, douze et treize
Du joli mois de mai ! Ainsi l’on pourra voir
Que, bien que saints tous trois, nous avons le pouvoir
D’enquiquiner les gens en en étant bien aise.

Tiens ! Ça leur apprendra de nier la nuisance
Qui peut nous animer quand on est mécontents.
Et ils auront beau dire, ils auront leur comptant
De froid, de pluie, de neige à notre convenance…

On grelotte partout, tout le monde est gelé !
La faute au journaleux qui n’a pas voulu croire
Que ce qu’on racontait n’était pas une histoire.
Bonnes gens, vous auriez dû tous le museler …

*Les Saints de glace !
« Les Saints Servais, Pancrace et Mamert : à eux trois, un petit hiver », dit le dicton

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À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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2 réponses à Mamert, Pancrace et Servais

  1. De Jacques Bec :
    « Et pan! Bien fait pour eux…et pour nous.Explication lumineuse (et stylée bien sûr ), façon Jean de La Fontaine.Je n ‘ écouterai plus la météo, mais je lirai tes poèmes ! »

  2. Poèmes en Provence
    Et voilà ! Si Trump n’avait pas dit autant de conn…ies sur le déréglement climatique, NOS Saints de glace n’auraient pas eu besoin de manifester leur rogne ! A Aix, ce matin, 9° ; j’ai rallumé le chauffage !

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