L’oustau fre

Poème illustré par un tableau de :

Annie Rivière
www.atelierrivière.canalblog.com

Le vieux mas est bien frais au creux du vallon gris,
Gris de poussière fine et de végétation
Brûlée par le soleil. On est même surpris,
En entrant dans le hall sombre et bas de plafond,

D’y ressentir sitôt une onde de fraîcheur.
On y a même froid, car tout à coup l’on passe
D’un excès de lumière à la presque noirceur
De la nuit, à midi, non loin de Miramas.

Luc n’ouvre ses volets que le matin très tôt,
Et puis il les referme, afin que le soleil
Ne puisse entrer chez lui : le vieux mas est bien clos
Jusqu’à l’extinction du grand cercle vermeil

Là-bas à l’horizon. Les murs sont si épais
Qu’ils gardent la fraîcheur tout comme une glacière.
Une antique maison construite tout exprès
Pour des étés brûlants et de rudes hivers.

Au Nord des fenestrons pour contrer le mistral ;
Côté Sud des volets et des portes fermées :
Luc ne supporte bien cet été provençal
Qu’en suivant les conseils qui lui furent légués.

Il est alors si bien sous la voûte chaulée !
Dehors l’été grésille au tempo provençal
De la chaleur cuivrée, du chant ensoleillé
Criquetant et rythmé de ses chères cigales.

 

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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