L’or blanc

La neige tombe dru sur la Haute-Provence.
C’est sa première chute, et l’on en est content
Car elle est un bienfait : c’est un fort joli temps
Pour les gens de l’Ubaye, une ère d’abondance !

Les anges tout là-haut se secouent, et les plumes
De leurs ailes poudrées voltigent dans le ciel,
Posant sur le sol gris un duvet essentiel
Au réveil espéré. Car la neige rallume

Au cœur de la Station une vie rénovée
Par les charmes du ski… Tout y est silencieux.
Puisse un sort infernal un peu trop facétieux
Ne point venir tarir la manne tant rêvée !

Mais foin de ces soucis ! Les flocons continuent
A moucheter le ciel de leur blanc plumetis.
Puis ils enflent encor, et leur vol amorti
Ouate de plus en plus la triste terre nue.

La neige peu à peu arrondit le diamètre
Des branches distordues pétrifiées par le froid.
Le tapis s’épaissit, et la couche qui croît
Sur le sol endurci fait bien vingt centimètres.

L’hiver commence bien, même si le village
Est encor un désert sans aucun mouvement.
L’on dirait un acteur qui patiemment attend
D’être bien maquillé pour montrer son visage…

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À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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Une réponse à L’or blanc

  1. van Miltenburg dit :

    Merci Vette.

    Une mélodie perlée

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