L’ombre de la mort

Au-dessus de l’Ubaye vole un aigle royal
Aux contours acérés sur l’horizon tout bleu
Haché par les pics noirs des Alpes provençales.
L’oiseau géant qui plane égratigne les cieux ;

Ses ailes déployées propulsées par la mort
En font un grand planeur que les ailes du vent
Soutiennent par-dessous, au moment où l’aurore
Pose sur les sommets un entrelacs d’argent.

En bas dans la vallée, c’est la vie qui s’éveille :
Un matin de printemps oublieux du danger,
Renaissant lentement sous le premier soleil…
Un lapin étourdi va se faire piéger

Quand un gros marmotton, voyant l’ombre cruelle,
S’évertue à siffler : c’est une débandade !
Pour les oiseaux aussi, qui fuient à tire-d’aile
Oubliant pour un temps leur amoureuse aubade…

L’aigle qui a plongé remonte au haut du ciel,
Mécanique inlassable et faite pour tuer.
Son immense ombre noire est comme une parcelle
De l’implacable loi régissant la vallée…

 

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
Ce contenu a été publié dans La Haute Provence, Printemps, Zooland. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.