L’olivade

 

Poème illustré par un tableau de :

André Deymonaz

C’est sainte Catherine et l’huile est dans les fruits.
Après la véraison les olives bien mûres
Ont gonflé leur bedon de ce gras un peu sûr
Dont on va se gaver partout dans le Midi.

Sous les arbres de Guy on a mis des filets.
Ce matin il fait froid, mais le soleil qui guette
Va dès le beau milieu du temps de la cueillette
Nous réchauffer les doigts de son souffle doré.

On n’est pas très nombreux, mais le travail enfièvre,
Et c’est tout à la main qu’on détache les fruits.
Seuls quelques délicats sur leur index ont mis,
Comme sur leur majeur, une corne de chèvre.

L’an dernier, le vieux Guy a fait ses cent kilos,
Mais il est le champion toutes catégories
Et il ne sait pas bien travailler comme on rit,
Comme on chante et s’amuse, comme font les oiseaux.

Il est grave et sérieux : c’est un travail béni
Qu’une belle olivade au mitan de l’automne.
Enfin, dans le village, une cloche qui sonne
S’en vient nous rappeler que le jour est fini.

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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