L’ogre

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Son regard est très doux, mais ses dents carnassières
Biseautées, affutées, n’ont vraiment rien d’humain.
Un crin gris hérissé tout maculé de terre
Couvre son corps bossu jusqu’au creux de ses reins.

Ses yeux pâles sont bleus et cherchent à sourire
A quiconque s’égare au plus profond des bois,
Mais ils sont si creusés qu’on ne peut pas y lire
L’appel toujours déçu d’un pauvre être aux abois.

Il est laid, adipeux, son gros corps est difforme,
D’une telle laideur qu’il donne la nausée.
Or, ce que nul ne sait , c’est qu’un élan énorme
Le pousse vers les gens qui fuient épouvantés.

Ils ne le devraient pas, ils ne craignent plus rien
Depuis qu’ un grand amour lui a limé les crocs.
L’ogre aux cent dents d’acier s’est fait végétarien :
Une jolie donzelle en a fait un agneau.

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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