L’incrusteur

automne

Comme il fait encor doux, l’Automne a décidé
De rester en Provence au-delà de la date
Qui lui est impartie ! Il est persuadé
D’être dans son bon droit, et son dessein n’épate

Que son père le Temps : nous, nous sommes ravis,
Même si, arnaqué, l’Hiver hurle et tapage !
L’Automne qui fait front se rebelle à l’envi
Et n’a qu’un seul désir : faire fi de son âge.

Le temps est si léger, les jours sont si tépides
Qu’on en oublie parfois qu’il faudrait se couvrir ;
Et des fleurs attardées dans la chaleur humide
Pointent de gros bourgeons qui vont bientôt s’ouvrir.

Ciel bleu à l’infini et douceur anormale…
Cependant la lumière a beaucoup décliné,
Avec sa faux semblance élavée et brumale ;
Le soleil darde au mieux ses rayons inclinés,

Mais il peine très dur à garder sa vigueur :
La Nature épuisée a bien du mal à suivre
Tant ce laisser-aller offense sa rigueur.
Une rose au jardin n’en peut plus de survivre…

L’on se met à rêver au toit de sa maison
Argenté par le gel… ou tout couvert de neige.
L’Automne va devoir recouvrer la raison
Et cesser de détruire un délicat solfège.

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À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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