Noyade

Le soleil s’est noyé au large de Marseille.
Comme il avait trop chaud, il voulait rafraîchir
Ses rayons hérissés et sa face vermeille
Dans l’eau que l’aube argent commençait à blanchir.

La Méditerranée tellement attirante
Lui a ouvert ses flots ; le soleil a plongé,
Car comment résister à la fraîcheur tentante
De ce fluide indigo pouvant le soulager

De ce feu consumant sa divine matière
Et dont il était las ? Il a sauté du ciel.
Son plongeon  rugissant comme un coup de tonnerre
A fait bouillir les vague(s) ; un geyser torrentiel

A balayé la mer, escaladant les nues,
Et l’eau a bouillonné au loin jusqu’à Niollon.
Mais il s’en est voulu de l’idée saugrenue
Qui l’avait fait plonger, pesant comme du plomb,

Car la mer l’a étreint de ses noirs tentacules
Et, ne pouvant flotter, le soleil a coulé…
Depuis nous souffrons tous de ce saut ridicule
Et nous crevons de froid. En plein mois de juillet

Nous vivons un enfer. Il fait noir, tout est sombre ;
La glace envahit tout, mais la mer bout toujours !
Le grand ciel de l’été est dévoré par l’ombre.
Notre bon vieux soleil renaîtra-t-il un jour ?

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À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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