L’horizon disparu

impression-soleil-levant2

Poème illustré par un tableau de :

Claude Monet
(1840-1926)

Entre la mer ouatée et le ciel brumasseux,
Plus aucune suture ; il n’y a plus de bleu,
Ni de mauve ou de vert : qu’une teinte passée
Commune à l’air et l’eau. La Méditerranée

N’est plus que du brouillard. L’horizon est gommé :
Où est-il donc passé ?  L’on ne dirait jamais
Que la mer s’étendait hier devant Marseille
Où presque chaque jour la ville s’ensoleille

D’une vive lumière irisant le Vieux Port.
Ciel et eau confondus. Le vrai soleil est mort
Et il a disparu. Ne reste que sa trace
Dans l’éther imprécis. Installé à sa place,

Un lavis vaporeux, volumineux, bien rond
Et pourvu d’une aigrette aux pâles reflets blonds ;
Un cercle évanescent, une espèce d’épure…
Entre le ciel et l’eau, plus aucune couture ;

L’un et l’autre emmêlés ne forment plus qu’un tout,
Mais un tout sans contour : on n’en voit pas le bout.
La mer s’est faite ciel et le ciel s’est fait mer…
Marseille un peu dolent vient d’aborder l’hiver.

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits « classiques », pratiquement tous voués à la Provence.

Ce contenu a été publié dans Hiver, Marseille, Méditerranée. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire