L’homme de juin

chien

Chaque année, début juin, il revient à Lambesc,
Comme s’il lui avait fixé un rendez-vous
Pour y passer l’été. Avec son chapeau mou,
Son éternel tee-shirt gribouillé d’arabesques,

Ses baskets éculées et son vieux jean usé,
Il est toujours pareil ! Est-ce bien son vrai nom ?
Il veut que tout le monde l’appelle Léon,
Plaisante tout le temps et ne se plaint jamais.

Chaque année, début juin, nous le retrouvons là,
Assis devant l’église sur son bout de tapis
A mendier quelques sous, son chien auprès de lui.
A bien l’examiner, sa vie ne varie pas,

Sa vie de SDF si étrange pour nous.
Nous n’avons jamais su où il passe l’hiver,
L’automne ou le printemps. Toujours gai, toujours vert,
Avec pour seul ami son énorme chien-loup.

C’est par un beau matin clair et ensoleillé
Qu’on a trouvé Léon couché sur son tapis,
Le chien pelotonné contre son corps raidi ;
Et certains parmi nous se sont mis à pleurer.

Il était très très vieux ; cela nous l’ignorions.
Le beau temps semblait vain ; l’homme allait nous manquer !
Nous aimions bien son chien ; nous l’avons adopté
Pour pouvoir honorer son curieux compagnon.

 

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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