L’hiver s’en est allé…

Poème illustré par un tableau de :
Yves Lallemand

L’hiver s’en est allé, emportant ses guenilles
De froidure et de vent dans l’hémisphère sud.
Mais il y a encor, là-haut sur les paluds,
Une couche de glace argentée qui craquille

Dès qu’on y met le pied… L’on va souffler un peu,
Ne plus craindre au matin cette maudite bise
Qui vous tombe dessus et qui vous brutalise
A gifles que veux-tu ! Un grand sauve-qui-peut

Fait déguerpir le gel et la neige et la glace
En un monde inconnu. Et le nouveau printemps,
Fraîchement émoulu de l’Ecole du Temps,
S’en vient à petits pas, mais avec tant de grâce

Qu’il pousse les oiseaux à sortir de leur nid.
L’hiver s’en est allé, emportant ses caprices
Tellement déplaisants : n’est-il donc que malice ?
Nous respirons enfin et c’en est bien fini

De ce grelottement des pieds jusqu’à la tête,
De ce recul tremblant, peureux, si nous passons
Le nez à l’extérieur ; et de ces grands frissons
Dès que nous regardons de près le thermomètre…

Le temps est guilleret et l’air doux à souhait,
Juste comme il le faut. L’euphorie printanière
Aiguillonne les gens, chacun à sa manière !
Moi, je t’aime encor plus, comme tu le voulais…

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À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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