L’heure meurtrière

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Allongée sur la plage, une fille sommeille.
Elle est belle, elle est rousse, et sa peau s’ensoleille
Sous la lumière en pluie de gouttes d’or cuivré :
Petits points de rousseur, épiderme… navré !

Il fait chaud à En-Vau, mais elle n’en a cure,
Cramée à petit feu ; l’aveuglement obture
Tout raisonnement clair sous ses clairs cheveux roux.
Le soleil se régale et la belle s’en fout !

Lumière verticale et qui pleut à torrents !
Mais la rouquine en rit : elle vient de Plourhan,
Ignorant tout à fait la folie incendiaire
De l’été à midi, chez nous si meurtrière !

Le soleil est doré comme une grosse orange
Dégouttant lentement d’un feu patient qui mange,
Détériore et vieillit le joli teint de lait.
Enivrée de chaleur, dans ce four qui lui plaît

Bien plus que de raison, la jolie rousse dort,
Blessée sans le savoir par des flammèches d’or.
Tranquille, un peu plus loin, Marseille est raisonnable
Et profite de l’ombre en se mettant à table…

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À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
Ce contenu a été publié dans Le début de l'été, Le soleil-lion, Les gens, Marseille, Méditerranée. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Une réponse à L’heure meurtrière

  1. Lu sur Facebook

    Philippe Flament
    26 janvier 20:08
    Magnifique…musical…joli rythme que ce poème « L’heure meurtrière

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