L’heure fraîche

Nous avons eu si chaud que nous ne bougeons plus,
Doucement effleurés par la brise du soir.
Le soleil se dissout au-dessus des pins noirs ;
L’horizon est rayé d’un roux qui accentue

Le bleu foncé du ciel… Nous sommes bien dehors,
Où nous pouvons goûter à l’air un peu plus frais
Exhalé par la nuit. On va mieux respirer
Et peut-être oublier ce mois d’août carnivore

Qui depuis quelques jours est vraiment terrifiant :
Une chaleur torride éructée par la terre
Comme le souffle affreux des portes de l’Enfer !
Tout aussi implacable, un soleil dévorant…

L’on ne se souvient plus d’un mois d’août aussi chaud,
Et l’on n’aspire plus qu’à un peu de mistral
Envoyé par le Nord pour chasser en rafales
Cette énorme chaleur qui a planté ses crocs

Au coeur de la Provence. Vite, une grande pluie
Qui s’en viendra laver le sol dur à grands jets !
L’orage du quinze août tellement espéré !
Pouvoir, une journée, ne plus être ébloui

Par ce soleil dément qui cause notre effroi,
C’est notre seul souhait ! Notre secret désir ?
Avoir un ciel tout gris ! Mais ce n’est pas le pire :
Nous voudrions aussi un petit coup de froid…

 

 

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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