L’étranger

 

Assis à la terrasse et badaudant la foule
Qui passe devant lui et lentement s’écoule ,
Il a le regard las , inquiet d’un étranger
Qui fait de tout passant un insidieux danger .

A petites gorgées il aspire et sirote
Une boisson trop brève . Un homme l’asticote
Pour qu’il s’en aille enfin : il n’est pas présentable
Avec ses cheveux gras et son aspect minable .

Il est très fatigué car il a trop marché .
Et si les gens d’ici sont comme ensoleillés ,
Il ne sait si pour eux il est encor quelqu’un .

Et pourtant essentiel il l’est pour ceux qui l’aiment ,
Malgré sa vie perdue ciselée en poème .
Mais il n’est plus ici qu’un insecte importun .

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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