L’été hors de raison

Eté

 

Les volets sont tirés ; la maison est bien fraîche,
Alors qu’à l’extérieur l’air est si surchauffé
Qu’on dirait qu’il ondule : un bien curieux effet
Dû au soleil tout blanc dont la lumière assèche

Le jardin affaibli tentant de résister
A ses flèches d’acier. Chaleur presque anormale
D’un jour incandescent, que le chant des cigales
Rend malgré tout vivant. Brûlant mois de juillet

Que nous passons cloîtrés au creux de la maison !
L’on est si bien dedans, si fraîche est la pénombre
Que nous ne sortons plus, comme captés par l’ombre
Synonyme de vie. L’été hors de raison

Nous pousse à ne rien faire, allongés sur les dalles
De terre cuite ocrée qui luisent de fraîcheur.
Somnolents malgré nous, gagnés par la torpeur,
Nous n’entendons taper au cœur de la grand’salle

Que le lent va-et-vient de l’horloge qui bat.
Bien que nous soyons nus, nous restons vraiment sages,
Aussi indifférents que de chastes images,
Ne songeant même plus à de fiévreux ébats

Car il fait bien trop chaud ! Si l’on n’en souffre pas,
L’on perçoit la chaleur qui frappe à notre porte :
Elle est bien trop outrée ! Que le diable l’emporte,
Qui m’empêche aujourd’hui d’être au creux de tes bras…

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
Ce contenu a été publié dans A la maison, Amours, Le soleil-lion. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire