L’été grisailleux

Poème illustré par un tableau de :

François Lemaire
www.francoislemaire.fr

C’est un début d’été grisailleux et frisquet,
Sans nuages, sans vent, sans lumière, un peu terne,
Comme on en connaît peu. Et le soleil en berne
Rayonnant sans rayons est plutôt tristounet.

Car il en est ainsi depuis au moins huit jours :
Un ciel très haut, mais fade et sans aucun éclat
Tout comme si un filtre en cachait l’apparat.
Oh, pourvu que ce temps ne dure pas toujours !

Ce soleil délavé et qu’on regarde en face,
Sans ces rouges éclairs qui vous brûlent les yeux,
Est-ce donc là cet ogre énorme et facétieux
Régnant sur son Midi sans répit et sans grâce ?

Il est derrière un voile : une brume invisible
Qui émousse son feu et le rend presqu’atone.
Une boule insipide, affadie, un peu jaune
Qu’on ne reconnaît plus : c’en est presque risible !

Maussades sont les jours, maussades sont ces nuits
Où il faut se couvrir car il fait un peu frais.
On est au mois de juin ! Où est passé l’été ?
Et peut-être demain aurons-nous de la pluie…

 

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits « classiques », pratiquement tous voués à la Provence.

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