L’Estaque

Poème illustré par un tableau de :

Paul Cézanne
(1839-1906)

Dieu décida un jour de donner à Marseille,
En surplus de l’accent, du ciel et du soleil,
Des Saints qu’il aimait bien. Il sema sur l’eau claire
Saint Louis, saint Henri, saint Barnabé, saint Pierre…
Et quand il eut fini, son grand sac étant vide,
Il jeta « l’estaco »* qui tomba dans le vide.

L’Estaque a donc poussé tout au bord de la mer,
Et le gai petit port est si plein de lumière
Que Cézanne, Dufy , Braque et le grand Renoir
L’ont peint et puis repeint. Et quand tombe le soir,
C’est bien de s’attarder pour retrouver leur âme
Entre mer et côteaux. L’horizon tout en flammes

Barbouille sur les flots un tableau irréel :
Trop de roux, trop de noir, trop de rouge et de miel !
L’Estaque qui s’endort ignore la beauté
Du soleil qui s’enfonce en Méditerranée,
Et le spectacle est tel qu’il faudrait à nouveau
Un peintre qui le chante à grands coups de pinceaux.

* En Provençal : l’attache

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits « classiques », pratiquement tous voués à la Provence.

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4 réponses à L’Estaque

  1. Youcef Ramdani dit :

    Bien Le Poème sur la Où j’habite

  2. Vette dit :

    Merci d’aimer ce poème… comme moi j’aime l’Estaque où j’ai passé de merveilleuses vacances pendant mon adolescence…
    Vette

  3. Fouque-periale Andrea dit :

    Vette – j’ai adoré – merci de chanter avec les mots

  4. Merci, Andréa ! C’est la Provence qui chante…

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