Esclavage

ecole-francaise-18e-siecle-2

Une passion insurmontable
A mis le grappin sur mon coeur :
La Poésie, à peine aimable,
Qui me dévore avec ardeur

Tout comme l’aigle monstrueux
Bouffait le foie de Prométhée.
Et le Cerbère vertueux
D’une existence inadaptée,

Le despote, c’est une muse
Qui me grignote le cerveau !
Rien dans ma vie plus ne m’amuse
Que d’entreprendre moult travaux

Pour faire friser mes neurones !
Mais elle agit en tyranneau,
Cette affreuse Erato* qui prône
Ce paroxystique boulot !

Pourrait-elle donc me lâcher
Les baskets, me foutre la paix ?
Eh, ne pourriez-vous m’arracher
A sa pression ? Oh, m’échapper

Un seul jour sans être contrainte !
Mais elle est là, tout près de moi ;
Je suis livrée à son étreinte
Et je suis astreinte à ses lois…

Mais j’ai beau dire, j’ai beau faire,
Je suis une horrible hypocrite,
Et je suis toute à mon affaire
Face à ce qui me phagocyte !

J’aime souffrir, et po-aimer
Sans répit, c’est une évidence :
Je n’ai pas fini de rimer
Sur toi, ma très chère Provence…

* La muse de la poésie

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits « classiques », pratiquement tous voués à la Provence.

Ce contenu a été publié dans Questions ?. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire