Les tulipes

 

Poème illustré par un tableau de :

Nathalie Aguilé 
www.naguile.com

Un jour le seigneur Temps décida d’honorer
Le tendre et doux Printemps, sa saison préférée :
Presque mélancolique, et bien que très rêveur,
C’était un bon garçon, scrupuleux, travailleur,
Qui ne donnait jamais de soucis à son père,
Différent en cela de ce brigand d’Hiver.

Dès que ce grand coquin commençait à faiblir,
Ne désirant plus rien que flâner ou dormir,
Printemps prenait sa place, cherchant à effacer
Avec beaucoup de mal les folies de l’aîné.
Il rafraîchissait tout, les bois et les jardins,
Cherchant à réparer les dégats du gredin.

Le Temps invita donc presque tous ses voisins
Pour fêter son cadet et festoyer un brin.
Le seigneur du Futur apporta un tonneau
D’un bon vin guilleret, bien doré et nouveau.
Et chacun d’applaudir, tout heureux de goûter
Au nectar délicieux, pétillant à souhait.

Mais alors catastrophe ! On n’avait plus de verres :
Ils étaient tous brisés par les frasques d’Hiver.
Le vieux Temps en avait presque la larme aux yeux
Quand le jeune Printemps avec des cris joyeux
Sortit de son pourpoint de ravissantes fleurs
En forme de calices. On but donc au Bonheur.

Le doux Printemps venait d’inventer les tulipes.

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
Ce contenu a été publié dans Contes, Printemps. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire