Les tournesols

 

Poème illustré par un tableau de :

Peinture par Jean-Marc Janiaczyk
http://pagesperso-orange.fr/jean-marc.janiaczyk

Ils sont dorés et gras, et ce sont les enfants
De l’union du Soleil avec dame la Terre.
Il leur a dispensé un peu de sa lumière
En les créant ainsi il y a fort longtemps.

Car l’astre trop distrait a un jour répandu
Quelques rayons ici. Mais au lieu de brûler
La terre provençale, ils y ont fructifié
En grosses fleurs dressées, costaudes et bien drues.

Ce sont les tournesols, ce merveilleux cadeau
D’origine céleste et de divine essence.
Et c’est en pivotant tous dans le même sens
Qu’ils adorent leur père sans lui tourner le dos.

II
De gros pépères-fleurs ! Enormes et joufflus
Sur leur très haute tige ; avec leur coeur ventru
Joliment couronné de gros pétales jaunes,
Ce sont des fleurs d’été, mais colorés d’automne.

Des fleurs en bataillons et enrégimentées,
Suivant au long du jour le soleil de l’été
En se tournant de l’Est vers le Couchant du soir…
Comment supportent-ils leur pesant ostensoir ?

Parce qu’ils sont costauds ! Et parce que leur pied
Bien rivé dans le sol s’échine à rechercher
Un peu d’eau, très profond aux tréfonds de la terre.
Très peu d’humidité et beaucoup de lumière :

Nos ersatz de soleil ne sont pas bien gourmands !
Tous plantés en piquets, tournant incessamment,
Ce sont de grosses fleurs gorgées d’huile bien grasse.
Des consoeurs du colza, mais dénuées de grâce,

De gros soleils captifs, trop raides, sans nuances,
Illuminant pourtant nos champs gris de Provence.

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits « classiques », pratiquement tous voués à la Provence.

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