Les Saintes Maries de la Mer

 

 

Poème illustré par un tableau de :

Claude Faye
www.faye.artblog.fr

La mer est bien tranquille. On n’entend aucun bruit.
Une barcasse tangue en glissant sur les eaux,
Poussée magiquement par quelques horipeaux
Qui lui servent de foc et que gonfle la nuit.

C’est la belle Sarah qui a prêté son voile.
Près d’elle sont assis les autres exilés
Qui scrutent l’horizon et lorgnent les étoiles :
Lazare et ses deux soeurs, Salomé, Jacobé

Et tous leurs compagnons de galère, épuisés.
Mais soudain tout là-bas, l’esquisse d’une grève
Et d’un sable tout blanc, délicieux à fouler !
La délivrance enfin et le début d’un rêve…

La mer est bien tranquille. On n’entend aucun bruit
Sur le camp des Gitans endormis sous la lune
Penchée sur la Camargue. Et les Saintes Maries
Attendent dans la nuit que l’aube bleue s’allume

Pour que commence enfin le Grand Pélerinage
Où l’on s’en va prier les Saintes de la Mer.
Surtout Sainte Sarah qui au bout du voyage
S’installa par ici, oubliant le désert

De la grève infinie, du sel et des marais.
Un village naquit qui devint un gros bourg
Bien quiet et somnolent. La Méditerranée
En caresse la plage au fil usé des jours.

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
Ce contenu a été publié dans Cités provençales. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire