Les rescapés

Non loin de Châteauneuf, sept ou huit rescapés
Robustes et costauds malgré l’énorme feu
Qui a détruit les bois le quatorze juillet
Se dressent vers le ciel redevenu tout bleu,

Mais où rôdent parfois des relents de fumée
Qui titillent la gorge et irritent les yeux.
On ne dirait jamais à les voir ainsi faits
Qu’ils ont subi l’horreur. Ils sont si vigoureux

Qu’ils explosent de vie, d’une force inconnue
Qui gonfle et fait vibrer leur écorce chenue.
Ils sont beaux et bien verts, plantés parmi les restes

D’un immense désastre. Des cendres encor chaudes
S’amassent à leur pied comme un tapis funeste
Où pétillent encor des flammes en maraude.

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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