Les oiseaux de saison

Poème illustré par un tableau de :
Virginie Trabaud

C’est un oiseau d’hiver aux tristes plumes grises,
Un pauvre freluquet qu’ébouriffe la bise
Soufflant du Nord givré par le froid et le gel ;
Petit piaf étréci au corps immatériel

Et tout empli de faim, qui cherche sa pitance :
Juste un tout petit rien, un soupçon de bectance
Pour subsister encor, au moins jusqu’aux beaux jours,
Et s’adonner enfin aux plaisirs de l’amour…

Un oiseau de printemps volette dans le ciel,
En quête d’une amie, la gorge emplie de miel
Pour mieux vocaliser, la trouver au plus vite ;
Il est si guilleret qu’il plane et qu’il lévite

Au-dessus du jardin comme une libellule.
Il est bien, il est gai, les insectes pullulent !
Un tout petit oiseau, c’est fait pour le printemps,
C’est fait pour glorifier les broderies du Temps…

C’est un oiseau d’été volant dans le soleil,
Affriolé des baies et des gros fruits vermeils
Poussant dans les vergers tout partout en Provence ;
Un oiseau ébloui qui voltige et qui danse

Au-dessus des blés murs, des lavandins si bleus
Sous l’azur de juillet où le soleil en feu
Crépitant de chaleur dégueule sa lumière ;
Virevolter au ciel est sa fonction première…

Un oiseau en automne, un peu plus assagi
Et qui chante un peu moins dans le jardin rougi
Par le déclin du temps. Un oiseau moins agile,
Moins vif et moins piaillard, dont le vol moins habile

Semble un peu s’alourdir au fil des jours plus courts.
Un oiseau prévoyant picorant dans la cour
Des bribes, des fragments… En vue d’une disette ?
Un piaf se préparant à une vie d’ascète…

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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