Les nymphettes

g4_Baigneuse Renoir

 

 

 

 

 

 

 

 

Poème illustré par un tableau de :

Auguste Renoir
(1841-1919)

Sur la plage elles vont, souvent par deux ou trois,
Plus ou moins mordorées : cuivre, roux ou bien beige,
Et même quelquefois la peau couleur de neige
De ces rousses du Nord : celles qui, autrefois,

Souffraient de ne pouvoir s’exposer au soleil.
Leurs maillots sont petits… et même minuscules,
Jusqu’à n’être parfois que bribes ridicules
De coton coloré. Spectacle sans pareil

Qui ne pourrait ailleurs même s’envisager !
Elles osent, c’est tout, en sachant qu’elles peuvent
Dévoiler sans détour leur beauté toute neuve
Tant elle est sans défaut. Courir, plonger, nager ?

Ce n’est pas la question, car elles ne sont là
Que pour montrer à tous l’esthétique parfaite
De leurs si jeunes corps. On a le coeur en fête
A les voir cheminer, tant est souple leur pas !

Tout comme les brugnons, leur peau est de velours ;
Et leur chair incarnate, à la fois ferme et dure
Est gorgée de soleil comme pulpe bien mûre.
Semblant persuadées que va durer toujours

Leur jeunesse éclatante, elles vont en riant
Sur le sable brûlant des plages provençales :
Des ados presque nues, nymphettes sans égales,
Vous anéantissant d’un clin d’oeil foudroyant.

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
Ce contenu a été publié dans Le début de l'été, Le soleil-lion, Méditerranée. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire