Les naufragés

Il a tellement plu depuis mercredi soir
Qu’il y a dans la cour deux pauvres naufragés
Blottis l’un contre l’autre et faisant peine à voir :
Deux boules emplumées, trempées, ébouriffées.

Cet automne est bien triste. Il pleut sur la garrigue
Et la ville a perdu son dôme de ciel bleu.
Le jardin est tout gris et les dernières figues
Tombent sur le sol mou, pourrissant peu à peu.

Les moineaux en détresse ont l’air de deux épaves
De plumes beige-gris sur le sol détrempé,
Et il me va falloir les cacher dans la cave
Pour qu’un chat en passant ne vienne les croquer.

J’ai donc dû m’élancer sous les trombes de pluie
Pour aller ramasser les bestioles en peine,
Et dans mes mains fermées en conque j’ai senti
Battre leurs petits coeurs dans leurs rondes bedaines.

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
Ce contenu a été publié dans Automne, Zooland. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.