Les maisons gigognes

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Il y a deux maisons au cœur de sa maison :
Celle où il est présent, celle où il n’est pas là.
Celle qui est rangée, où règne la raison ;
Et celle où vient un homme avec ce branle-bas

Accompagnant l’amour. Les jours où elle est seule,
Tout est trop bien rangé, et la maison ronronne
Comme un gentil matou. Le confort un peu veule
D’une douce routine, un peu trop monotone…

Et puis quand il arrive, il apporte le feu
De cette agitation tourbillonnant dehors ;
Sorte de mouvement les emportant tous deux,
Réveillant la maison, lui rappelant alors

Que la vie, c’est l’amour et ses bizarreries.
Soudain désordonnée, sa demeure s’éveille,
S’extravagant soudain d’un zeste de folie
Dont même le vieux chat étonné s’émerveille…

Et puis quand il s’en va, la Belle au Bois dormant
Retourne doucement au paisible sommeil
Du train-train quotidien. Un doux ronron charmant,
Même si chaque jour tout est toujours pareil.

Imperturbable et sage, elle attend qu’il revienne,
Chérissant en son cœur la tendre perspective
D’un bien proche retour… Etranges phénomènes,
Ils ne se cherchent point une autre alternative !

Sous la même toiture, il y a deux maisons :
Celle du célibat, celle des amoureux
Qui veulent concilier raison et déraison.
Un curieux compromis, mais qui les rend heureux…

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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