Les loutres

Poème illustré par un tableau de :

Inma Abbet
www.inma-abbet.blogspot.com

Vibrisses hérissées, petites bouilles rondes,
Ce sont les plus jolis des hôtes des étangs
Non loin de Piémanson : le poisson y abonde,
Braconné chaque soir, tout frais et tout craquant.

Peu de gens les ont vues ; elles sont peu nombreuses,
Ne sortant que la nuit pour mener leurs affaires.
Croquer une grenouill(e) grassouillette et goûteuse
Ne les rebute point : un excellent dessert

Après un grand festin d’anguille(s) et de crevettes
Qui emplit à craquer leur bedaine dodue !
Pour loutres et loutrons, chaque soir, c’est la fête,
D’autant plus qu’en Camargue on ne les chasse plus.

Mais elles sont bien là : leur long corps effilé
Se faufile parfois le long d’une roubine.
Elles sont brun foncé, fines et bien lustrées,
Et jouent dans les roseaux. Puis quand sonnent mâtines,

Elles vont se cacher au creux de leurs terriers
Appelés des catiches par les gens d’ici.
Elles gisent en rond au fin-fond du marais,
Somnolant tout le jour jusqu’au seuil de la nuit…

 

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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