Les deux sapins

epicéas

Dans un pré, pas bien loin de la Crête des Serres,
Poussaient deux grands sapins aux branches emmêlées,
– L’un aussi droit qu’un i et l’autre un peu courbé,
Deux frères, deux copains dressés vers la lumière.

Mais, hélas, un matin, l’Homme passa par là…
Les deux arbres ancrés dans leur terre pentue,
Bien vite repérés, furent vite abattus
Et puis dans la foulée roulés jusques en-bas.

L’arbre droit linéaire eut une grande chance :
Grâce à sa perfection, il fut tranché en ais,
Devenant un parquet dans un fort beau chalet.
Mais son frère tordu eut bien plus de malchance :

Il termina sa vie dans un âtre à Peipin,
Réduit au triste état de bûches à brûler
Débitées avec soin par le vieil Amédée…
Car même pour un arbre injuste est le destin !

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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