Les complices

Poème illustré par un tableau de :

Michel Le Dret
mledret.free.fr/

Fouettée par le mistral, la Méditerranée
Monte à l’assaut du ciel dont le bleu indigo
Tout bigarré d’éclairs se mélange à ses eaux.
C ‘est le tohu-bohu de forces déchaînées

Agissant de concert pour convulser le monde ;
Trois monstres forcenés unis par l’ouragan,
En quête d’une proie, tout comme trois brigands
Chercheraient une prise apeurée à la ronde.

Du bout de l’horizon déchiré par les vagues
Arrive justement un tout petit bateau
Luttant contre les flots ; ça va faire bientôt
Trois heures qu’il bondit, cabriole et divague

Sur la mer ennemie qui voudrait le détruire.
Il a l’air d’un jouet, le bateau d’un minot
Jouant dans sa baignoire à être matelot.
Mais les trois éléments qui cherchent à lui nuire

Ne sont pas des enfants : ils veulent un désastre
Et la mort est en eux… Le petit bateau bleu
Est bien près de sa fin, il tangue, et d’ici peu
Il n’y aura plus rien sous la lueur des astres

Que les débris piteux d’une pauvre existence…
Le vent, le ciel et l’eau ont eu ce qu’ils voulaient :
Un dernier craquement, le bateau a coulé.
La mer va digérer sa bien maigre pitance.

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits « classiques », pratiquement tous voués à la Provence.

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