Les bougies

En hiver quelquefois nous sortons les bougeoirs
Pour oublier un peu cette électricité
Trop brutale et trop crue. Et un monde enchanté
Vient s’installer chez nous dès que tombe le soir :

C’est tellement joli, ces spirales de feu
Qui frémissent en choeur dans la salle obscurcie.
Une lumière pâle à l’éclat adouci
Transforme chaque chose en objet mystérieux.

Il reste dans les coins de grandes zones d’ombre
Qui semblent palpiter au rythme des bougies.
Un mélange curieux de lumière et de nuit !
Les meubles familiers dissous dans la pénombre

Ont de nouveaux contours. Ils n’ont plus de couleur,
Et leur masse confuse est un peu inquiétante
Tant ils sont transformés par l’atmosphère ambiante.
On comprend que la nuit engendre tant de peur !

Peu à peu ça sent bon car les chandelles fondent :
Dans la pièce assombrie la chaude odeur de cire
S’enroule et se déroule en délicieuses spires.
Rêve et réalité peu à peu se confondent…

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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