Les bancaous

 

La richesse de Lurs ? Ce sont ses champs de pierre
Ainsi que le mistral, le soleil dont le flux
Ruisselle en s’étalant en vagues de lumière ;
Mais l’on  fit de ces plaies des dons inattendus

Et l’on voulut prouver que ces inconvénients
Ne viendraient pas à bout de Provençaux têtus.
On s’accommoda donc du soleil et du vent,
Mais les pierres, le roc sur des champs trop pentus ?

Lentement, peu à peu, au fil du temps passé,
On a donc assemblé les pierres les plus plates,
On les a imbriquées en murets adaptés
Pour dompter peu à peu cette montagne ingrate.

La terre, on l’a montée à dos d’homme. En hottées
A faire défaillir, emplies de glèbe noire
Qu’on a bien épandue sur le sol raboté :
Ce sont ces bancaous dont je conte l’histoire.

Des légumes, des fruits : l’on y a fait pousser
Tout ce dont était pleine la terre asservie.
Mais l’on y a surtout planté des oliviers,
Modestes fleurons gris et chantres du Midi.

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
Ce contenu a été publié dans La Haute Provence, La Provence au coeur. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire