Les amoureux du printemps

le chat-virginie trabaud

Poème illustré par un tableau de :

Virginie Trabaud

Sous un tas de terreau, un gros bousier marron
Se cherche une copine en remuant des feuilles,
Mais sans perdre de temps. Et, prévoyant, il cueille
De ses pattes griffues une bribe d’étron.

Un peu plus loin, seulet, un tout petit oiseau
Piaille de tout son coeur pour trouver une belle.
N’y aurait-il donc point une charmante oiselle
Qui, oyant son appel, lui ferme le museau ?

Dans le fond du jardin, c’est un affreux crapaud
Qui gonfle son jabot et coasse à la lune.
Exécrable refrain, chanson inopportune
D’un fort laid Don Juan qui pourtant se croit beau !

Partout dans le Midi, un concert inouï
A vous rendre cinglés, à vous casser la tête !
Et même Pierrot chante à sa tendre Pierrette
Une aubade d’amour fort semblable à un cri !

Eh oui ! C’est le printemps qui déclenche partout
Un très grand branle-bas : chacun cherche chacune
Et voudrait découvrir l’occasion opportune
De se perpétuer. Même mon vieux matou,

Malgré ses dix-huit ans et son poil élimé,
Qui feule au clair de lune à l’appel d’une chatte !
Fasse qu’elle l’accepte et que tous deux s’ébattent
Aussi allégrement que chatons guillerets !

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits « classiques », pratiquement tous voués à la Provence.

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2 réponses à Les amoureux du printemps

  1. Un grand merci pour cette publication, mon tableau est embellit grace à ce magnifique poème ! Artistiquement – Virginie TRABAUD

  2. Merci, Virginie. Ces deux-là ( poème et tableau ) vont tellement bien ensemble…

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