Les Alpilles

 

Roches toutes tordues, couturées et craquantes,
Elles sont noires, grises sous le lourd soleil blanc.
Striées de traits aigus, de ravines coupantes,
Elles crochent le vent dévalant de leurs flancs.

Elles sont rudes, drues, sans une once de doux.
La pluie les abandonne ou point ne s’y attarde.
Les buissons y sont secs, et l’été y est roux
Jusqu’au fond des ravins que le soleil bombarde.

Et pourtant l’on y vient très volontiers marcher.
On vagabonde au fond des creux sentiers de chêvres,
Le nez en éclaireur, narines alléchées,
Une pousse fleurie coincée entre les lèvres.

Car l’air y sent si bon le thym et la sarriette,
La lavande et le miel, le soleil et les pins,
Que l’odorat s’émeut, et tous les sens en fête,
L’on s’en vient y cueillir trois brins de romarin …

À propos de Vette de Fonclare

Professeur de lettres retraitée, a créé un site de poèmes dits "classiques", pratiquement tous voués à la Provence.
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